Le verbe, parent pauvre de la transformation numérique ?

  • 27/09/2016
  • La marque à l'ère du numérique
  • Maud Poulard

Le verbe, parent pauvre de la transformation numérique ?

Rassurez-vous, il ne s’agit pas là d’une énième complainte sur le divorce consommé entre nos écrans, la syntaxe et l’orthographe. Vous le savez, nous le savons, c’est acté : « Tt ce pert ma bone damme » !

Plus pernicieuse et peut-être plus judicieuse, la question du jour serait plutôt : est-ce parce que je suis publié(e) que je sais écrire ?

Pour que tout le monde prenne sa juste part au débat, commençons par nous entendre sur les termes : non, l’écriture numérique ne consiste pas seulement… à écrire ! On place dans cette discipline toutes les techniques rédactionnelles, ergonomiques, graphiques, médicales, culinaires permettant la mise en forme mais également la promotion d’une information en ligne. Un luxe ? Non, une nécessité à l’époque de « l’infobésité ».

On prête, à tort, la notion de concurrence au seul domaine du commerce. Loin s’en faut. Qui dit démocratisation de la publication, dit surabondance de contenus. Sans un référencement digne de ce nom et une communication adéquate, qui sait seulement que vous existez sur le net ?

Victor qui ?

Imaginez ce qu’il adviendrait de la popularité de ses œuvres si Victor Hugo les publiait de nos jours, en ligne, sans s’assurer qu’elles figurent en bonne place dans les moteurs de recherche, sans un tweet de promotion, sans un site où il serait plaisant de découvrir l’auteur, de l’incarner, et facile d’y retrouver ses meilleures feuilles.

La démocratisation accélérée des moyens de publication numérique a promu, quasiment du jour au lendemain, le lecteur lambda au rang de potentiel journaliste / bloggueur / webmestre / contributeur / expert. Mais en possède-t-il pour autant tous les codes ? Car si la communication numérique a bien une spécificité, c’est celle du fond indissociablement lié à la forme.

Autant la technicité d’une plateforme internet ou d’un réseau social d’entreprise se voit confiée, sans réserve aucune, à des spécialistes. Autant la question de l’écriture numérique ne s’impose pas comme une évidence en termes d’accompagnement. Et pourtant…

« Moche-friendly »

Qui n’a jamais été tenté de tout mettre sur la page d’accueil de son site, au risque de noyer l’internaute sous une masse d’informations initiales qui empêchent son œil de savoir où se poser en premier ? Qui n’a jamais voulu rompre, pour mettre en valeur ses contenus, avec la charte graphique du site qui les héberge, sans se douter que cette charte – « moche-friendly » ou magnifique - est garante de l’identité qui publie ? Qui n’a jamais surestimé l’intérêt de son propos au point d’en faire un post sans image, sans fin et au final dissuasif quand il apparaît dans un fil d’actualité surpeuplé ? Qui n’a jamais voulu gagner en productivité en automatisant la remontée des infos de son site sur Twitter, sans se soucier de savoir, au bout de 140 caractères, où ça allait couper ? A l’inverse, qui n’a jamais souhaité publier en ligne ce qu’il convient d’appeler un pavé, alors même que par sa pénibilité, la lecture à l’écran prend 25% de temps en plus que sur une version papier ? Est-il vraiment opportun d’infliger à vos mobinautes le formulaire à rallonge in-dis-pen-sa-ble à la récolte d’informations sur votre site version ordi ?

Non, la portabilité de votre organigramme comme menu de votre site n’est pas une fatalité ! Pas plus que les acronymes réservés aux initiés d’une organisation et qui, de fait, se révèlent exclusifs pour l’internaute, en quête d’informations certes mais également de crédibilité et d’humanité.

Bienvenue dans la Matrice

La masse, les chiffres, la technicité rendent le monde numérique froid et anonyme dans l’inconscient collectif. Vous souhaitez vendre, informer ou communiquer ? Votre internaute, lui, veut se sentir exister et appartenir à une communauté. De cela dépendra la qualité de son interaction et son éventuelle adhésion à votre message ou à votre produit.

Pourvoyeur de contenus numériques, vous êtes soumis aux même contraintes de base que le journaliste. Publier pour être lu, non par vous mais par votre public cible.

On dit que nul n’est prophète en son pays… C’est encore plus vrai dans le monde merveilleux du numérique. Vous pouvez fabriquer le meilleur produit de la galaxie, posséder une indéniable compétence sur un métier ou détenir la vérité vraie sur un sujet ; cela ne veut pas forcément dire que vous soyez le ou la mieux placé(e) pour en parler. Alors, n’hésitez plus à consulter.

Eh oui, ma bonne dame, la communication numérique, c’est un métier !

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