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Transformation digitale et Gig Economy

L'environnement de travail numériqueLa marque à l'ère numérique 6/12/2015 Scala Dream Team

La mutation digitale comme vecteur de nouveaux modes de travail ?

Les exemples sont nombreux et très parlants : tout le monde connait aujourd’hui les histoires de la création d’Airbnb ou BlaBlaCar. Plus d’un million de « créateurs » peuvent vendre leurs vêtements, bijoux et accessoires via Etsy, et Über est devenu tellement populaire que le mot übérisation ne devrait pas tarder à faire son apparition dans la plupart des dictionnaires. Récemment, la chaîne de magasin Leroy merlin s’est associé à la plate-forme Frizbiz, pour proposer à ses clients de trouver un « jobber » à proximité. Les engagements portent toujours sur les mêmes caractéristiques : Gain de temps, Sécurité et Confiance. Toutes ses applications favorisent le petit entreprenariat et le peer to peer. Plus besoin d’être une multi nationale pour vendre ses produits et ses services en n’importe quel point du globe. On parle de « Gig Economy », terme encore intraduisible en français.

Le mot anglais « gig » était, jusqu’il y a quelques années, essentiellement utilisé pour les musiciens. Il peut être traduit par « cachet », et par extension c’est devenu une expression courante pour « petit boulot ». Le genre de truc qu’on fait en tant qu’étudiant l’été pour espérer améliorer son quotidien le reste de l’année universitaire, en espérant qu’un jour on trouvera un vrai travail avec un salaire mensuel fixe qui nous permette de payer le loyer, la nourriture et quelques vacances bien méritées.

Mais de nos jours, au contraire, de plus en plus de personnes se tournent vers cette forme de travail en lieu et place des « temps pleins ». Pour les optimistes cela représente un futur sans limite pour l’innovation et l’entreprenariat. Pour les adeptes du « ça ne marchera jamais », cela présage plutôt un monde cauchemardesque dans lequel les travailleurs sont transformés en chasseurs de travail, prêts à tout pour acquérir leur petite part de boulot.

La « Gig Economy », qui a fait son apparition il y a quelques années aux Etats-Unis, est devenue si importante qu’elle vient d’entrer dans le discours des candidats à la maison blanche : Jeb Bush et Hillary Clinton en on vanté les mérites à tour de rôle. Le premier en ayant recours aux célèbres services de voiture avec chauffeur, la seconde en présentant son projet économique.

La « Gig Economy », essentiellement basée sur la révolution numérique, a pris naissance avec des places de marché telles qu’ELance, à travers lesquelles des développeurs, des designers et toute autre sorte de travailleurs indépendants et clients potentiels peuvent se rencontrer. Mais aujourd’hui, c’est bien plus qu’un nouveau canal de mise en relation pour le travail en mode « freelance ». Cela engendre une multitude de nouvelles activités économiques.

 

Une nouveauté ou un simple retour à l’époque des pionniers ?

Si on fait un bond en arrière et qu’on analyse l’économie au XVIIIème siècle, comme le fait Adam Smith dans son livre « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations » on se rend compte que, déjà à cette époque, les échanges commerciaux se faisaient entre individus. Ce n’est qu’avec la révolution industrielle et la production de masse que les grandes entreprises ont vues le jour, et les petits entrepreneurs ont laissé de plus en plus leur place aux salariés du XXème siècle.

Aujourd’hui nous vivons une nouvelle révolution : la transformation digitale. Cette dernière est en grande partie responsable de ce retour au peer to peer. La plupart des services à la demande sont proposés à une population largement équipée d’ordinateurs et de smartphones intégrant des fonctionnalités GPS et géolocalisation permettant de trouver très facilement un fournisseur à proximité. Reste à traiter le point crucial de la confiance : qui irait faire un trajet de plusieurs dizaines de kilomètres avec un parfait inconnu, qui louerait son appartement à un groupe de personnes vivant à plusieurs milliers de kilomètres ? Cet aspect est pris en charge par les réseaux sociaux d’une part, (il faut soigner sa « e-reputation ») et par les applications elles-mêmes qui « garantissent » (plus ou moins) le service.

Sommes-nous à l’aube d’une révolution de l’économie de marché ? Des sociétés comme Über, Airbnb, Etsy et TaskRabbit sont fondamentalement différentes de grandes entreprises, car en réalité, les clients ne consomment pas leurs produits : ils ne font qu’utiliser ces plates-formes pour trouver le bon service, au bon endroit et au bon moment.

Il ne s’agit pas non plus de croire que ce sont simplement places de marché ou des services de mises en relation entre des demandeurs et des fournisseurs : Car ces nouveaux acteurs interviennent pour fixer les tarifs, fournir des conseils, s’appuyer sur les retours et commentaires afin de proposer des services de haute qualité, en amélioration constante et la plupart du temps plus facilement et plus efficacement que pourrait le faire une grande marque.

Il semble bien en effet que nous soyons en train d’inventer une nouvelle forme institutionnelle, hybride, basée d’une part sur un mode de marché et d’autre part sur une relation de type 1 à 1. De plus, étant donné que ces plates-formes fournissent des niveaux de confiance, et d’expertise à la demande et en fonction de besoins, il n’est plus besoin d’être qualifié pour commencer à devenir un fournisseur. Presque tout le monde, avec un peu de talent, peut devenir un hôtelier, un artisan, un chauffeur.

Les fournisseurs n’ont plus besoin de produire leur travail à plein temps. Il est possible de s’occuper de sa famille ou de ses loisirs à un moment donné de la journée puis de se transformer en entrepreneur l’heure d’après.

 

Solution contre les inégalités, booster de l’innovation, ou boîte de Pandore ?

Certains analystes comme Thomas Piketty en sont arrivés à la conclusion que l’accroissement des inégalités depuis les deux siècles passés est essentiellement dû à la concentration accrue de la production de richesses dans de moins en moins de mains. La « Gig Economy » serait donc la solution, en répartissant tout se capital dans les mains de millions de micro entrepreneurs.

Mais il faut faire attention à ce que cela ne vienne pas produire l’effet inverse. Si on regarde de plus près les dernières générations de plates-formes spécialisées, les services s’adressent à une clientèle de luxe : on vous propose de garer votre voiture (Luxe), de vous livrer vos boissons en moins d’une heure (Drizly). Le spectre de l’inégalité sociale rode de manière encore plus sournoise avec le risque de se retrouver demain avec une société divisée en deux parties : la grande majorité proposant des services à la demande à une poignée de privilégiés.

Les effets sociaux économiques de la « Gig Economy » ne sont pas du tout encore clairs. Dans de nombreux pays, les gouvernements ont dû, à la hâte, voter des lois, modifier des règlements pour essayer de s’adapter à cette révolution, mais aussi pour temporiser ces évolutions qui viennent heurter de plein fouet les entreprises institutionnelles.

 

Révolution du monde du travail ou simple tempête dans un verre d’eau ?

Si l’on on croit les conversations courantes autour de la machine à café ou des spots d’accros à la nicotine, il semble bien que ce soit un vrai sujet de fond de la société actuelle. C’est à chacun de raconter son anecdote sur le sujet. Par contre, il est difficile de trouver des statistiques fiables concernant le nombre de personnes qui se tourne vers ces nouveaux modes de travail. Quelques études menées outre-manche, voire de l’autre côté de l’atlantique montrent même que le nombre de travailleurs indépendants est plutôt en stagnation ces dernières années. Peut-être que simplement, les personnes ne font que toucher du doigt ce nouveau mode et que seule une petite minorité franchit le pas. Ou plus simplement, l’absence de cadre et autre règle rend compliqué la collecte de données fiables. De plus les personnes interrogées ne vont pas considérer que louer leur appartement quelques jours ou semaines dans l’année peut être considéré comme un travail.

Certes, avec le modèle de la « Gig Economy », les frontières entre vie privée et vie professionnelle sont de plus en plus floues. Mais cette « révolution » du monde du travail ne va pas sans poser les questions sur la protection des salariés et surtout sur « à quoi ressemblera un bon travail dans le futur ? », (ce qui fera l’objet d’un prochain article !).

Il y a quelque chose de très gratifiant à devenir son propre patron, et d’avoir un espoir de réaliser un meilleur équilibre vie privée / travail. Avec ces « petits boulots », il devient facile de se faire les dents avec la création de micros entreprises. De plus cela stimule l’innovation à travers toute l’économie. Cependant, ce n’est pas donné à tout le monde de savoir planifier sa vie à long terme quand on ne sait pas ce que l’on pourra gagner le mois prochain, et il peut sembler plus facile de se cantonner à un travail régulier avec un salaire régulier dans une entreprise qui fait des bénéfices.

Jusqu’à il y a quelques années, les principaux secteurs concernés étaient le nettoyage, la coiffure et esthétique ainsi que le consulting. Comme nous l’avons vu, via la transformation numérique, la palette de services s’est élargie de manière très considérable et les consommateurs y trouvent très largement leur compte : rapidité, confiance, qualité, originalité. Il semble donc bien que nous ne soyons qu’au début du mouvement et certains analystes prévoient que cela pourrait représenter la moitié de la main d’œuvre aux Etats-Unis dans les prochaines années.

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Consultants Scala
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